Publié le 20 mars 2021 Mis à jour le 17 mai 2021
du 6 novembre 2020
au 31 mai 2021
En distanciel (visio / live)

Dix ans après la publication du premier volume des « émotions patrimoniales » dans les Livraisons de l'histoire de l'architecture, où en est la recherche sur les expériences du patrimoine. Le nombre de publications portant sur ces questions n'a cessé d'augmenter mal, malgré d'importantes divergences et l'émergence récente d'un courant critique d'études du patrimoine, ces publications dans leur majorité souffrent toujours d'un important biais épistémologique : il s'agit toujours de comprendre ces objets qui tendent au patrimoine, ce qui fait patrimoine.

 
Thématique

Ce séminaire vise à explorer d'autres pistes, d'autres modes de relation à l'objet et à l'identité. Il a pour but de questionner, pour reprendre la métaphore de la relation matrimoniale, les divorces, les veuvages, le lévirat, pistes qui nous ont semblé amplement sous-explorées dans les études patrimoniales. En effet, même lorsqu'elle est comprise dans sa dimension processuelle, elle tend à ramener les enjeux observés sur différents terrains à une mise en sens fléchée, unidirectionnelle : nous irions vers du patrimoine.

Comment a-t-on identifié ce « faire patrimonial » si ce n'est par contraste avec du « ne pas faire » ou , plus explicitement, du « défaire ».

Pour aller plus loin que ce Veschambre propose en parlant de « l'envers de la patrimonialisation » (Veschambre. 2008 : 91), comment pouvons-nous penser l'inverse de la patrimonialisation ?
Plus la multiplicité mémorielle est grande, plus il est difficile d'accéder à un consensus patrimonial (Bondaz et al., 2012), plus grand est le risque de voir apparaître des formes de « ne pas faire » et « défaire » le patrimoine. Que se passe-t-il lorsque cette mémoire se transforme ou disparaît ? Quels sont les effets du « défaire » ?

Plusieurs pistes s'ouvrent à la recherche, que nous souhaitons aborder à partir de la notion d'expérience patrimoniale (Tomatore, 2019). Cette notion nous a semblé l'une des plus fécondes car elle permet de privilégier « l'observation des dénis, des obstacles, des formes d'oublis qui relèvent de significations divergentes, parfois impensés, dont les effets sur les rapports sociaux au sein d'une même société, voire entre plusieurs contextes, méritent d'être analysés. » (Girard & Iosa, 2017 : 134). Les expériences sur lesquelles nous reviendrons sont multiples, mais toutes viendront éclairer le patrimoine par ses limites.

Programme
Programme amené à évoluer sous réserve de l’évolution des consignes sanitaires.
  • Vendredi 6 novembre 2020 : séance introductive
    Expériences dé-patrimoniales
    Cyril Isnart (CNRS-IDEMEC) et Jean-Louis Tornatore (Univ. De Bourgogne-LIR3S).
    Disc. : Mathilde Bielawski (ULL2 - LADEC)
     
  • Vendredi 4 décembre 2020
    Qui (dé)fait les patrimoines « populaires » ?
    Alain Chenevez (Univ. De Bourgogne-LIR3S) & Vincent Veschambre (EVS- Le Rize)
    Disc : Morane Chavanon (ULL2 - Triangle)
     
  • Vendredi 26 février 2021
    Patrimoines défaits et enjeux touristiques.
    Pascale-Marie Milan (ULL2-LARHRA) & Sara Ouaaziz (Univ. Paris 1/Marrakech Cadi Ayyad - EIREST)
    Disc : Mathilde Bielawski (ULL2 - LADEC)
     
  • Vendredi 26 mars 2021
    Patrimoines déclassés, patrimoines disqualifiés.
    Sophie Brones (ENSA Versailles-LEAV) & Bastien Couturier (ENSA Lyon-EVS)
    Disc : Iman Batita (UPHS-UMONS)
     
  • Avril 2021
    Abandons et désaffections du patrimoine.
    Denis Chevallier (MUCEM) & Michel Rautenberg (Univ. Jean Monnet-CMW)
    Disc : Ana Basta (ULL2 - LADEC)
     
  • Mai 2021 – séance conclusive
    Faire, défaire, ne-pas-faire les patrimoines.
    Julien Bondaz (ULL2-LADEC) & Barbara Morovich (ENSA Strasbourg - AMUP)
    Disc: Romain Bertrand (ULL2 - LADEC) Mathilde Bielawski (ULL2 - LADEC)

Informations pratiques

Date(s)

du 6 novembre 2020 au 31 mai 2021
14h-16h

Lieu(x)

En distanciel (visio / live)