Publié le 7 octobre 2026 – Mis à jour le 7 octobre 2026
le 18 mars 2027
En co-modal, Hors les campus
de 10h à 16h

Deuxième séance du séminaire de recherche 2026 / 2027 organisé par le Laboratoire d’anthropologie des enjeux contemporains (LADEC) et la Maison d’Izieu. Cette année, la thématique est « Nommer les crimes de masse, le sens des mots ».

► Accès direct : présentation de la thématique | intervenantes et intervenants | modalités de participation
 

Crimes de masse, féminicides et violences genrées

Cette deuxième séance propose d’interroger les notions de « féminicide » et de « fémicide » non seulement comme catégories descriptives, mais aussi comme outils de compréhension, de dénonciation et de reconnaissance des violences fondées sur le genre.

Ainsi, si les deux termes sont proches, ils ne mettent pas l’accent sur la même chose. Le terme « fémicide » désigne le meurtre d’une femme ou d’une fille parce qu’elle est une femme ou une fille. Le terme met l’accent sur le fait que le sexe de la victime est le motif du crime. Le « féminicide » est un terme qui insiste davantage sur la dimension sociale et systémique de ces meurtres. Il désigne des assassinats de femme en raison de leur genre, en les replaçant dans un contexte de violences, de discriminations et de rapport de domination. Les deux termes renvoient néanmoins à l’idée centrale d’un homicide motivé par le fait que la victime est une femme.

L’apparition et la diffusion de ces termes ont contribué à rendre visibles des violences longtemps appréhendées comme des faits isolés ou relevant de la sphère privée. Cependant, leur usage soulève également de nombreuses questions historiques, politiques, juridiques et mémorielles.
 
L’un des enjeux centraux de la séance sera d’examiner ce que produit l’acte de nommer. Dans quelle mesure la qualification de « féminicide » permet-elle de mieux saisir la spécificité des violences dirigées contre les femmes ? Quels phénomènes rend-elle visibles et quelles réalités risque-t-elle, au contraire, de simplifier ou d’unifier sous une même catégorie ? La désignation de ces violences constitue-t-elle une étape indispensable de leur reconnaissance sociale et politique, ou existe-t-il un risque d’anachronisme ou de généralisation excessive lorsque cette notion est appliquée à des contextes historiques très différents ?
À partir d’études de cas situées dans des périodes et des espaces variés, la séance cherchera à réfléchir aux continuités comme aux discontinuités des violences visant les femmes. Les chasses aux sorcières pourront ainsi être interrogées comme une forme de persécution dont la dimension genrée fait aujourd’hui l’objet d’importants débats historiographiques : dans quelle mesure peut-on y voir une violence spécifiquement dirigée contre les femmes et participant à la consolidation d’un ordre social et sexué ?

La séance entend explorer une interrogation transversale : les violences dirigées contre les femmes constituent-elles un objet historique spécifique ? Si oui, à quelles conditions ? Comment articuler l’étude de contextes extrêmement différents sans effacer leurs singularités ? Quels sont les apports mais aussi les limites des catégories de « féminicide » et de « fémicide » pour penser, dans la longue durée les formes de persécution, de domination et de violences létales visant les femmes ?

L’objectif sera intéressant également d’analyser comment les violences genrées nous permettent d’appréhender les crimes de masse d’une toute autre manière. Par ailleurs, cette séance permettra de mettre en discussion les usages, les enjeux et les effets de ces catégories, afin de mieux comprendre comment les sociétés identifient, qualifient et mémorialisent les violences de genre.
 

Intervenantes et intervenants

Liste en cours de validation

 

Modalités de participation

Inscription possible à partir de début janvier 2027.

Informations pratiques

Lieu(x)

En co-modal, Hors les campus

à la Maison d'Izieu

Partenaires

La Maison d’Izieu et le Laboratoire d’anthropologie des enjeux contemporains, ou LADEC, se réunissent pour proposer un séminaire de recherche pluridisciplinaires sur plusieurs années. Il s'agit de croiser des regards interdisciplinaires sur les crimes de masse, avec des perspectives anthropologiques, juridiques et historiques.
 
LAboratoire LADEC - Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux Contemporains

Contact

Tiphaine Duriez, Maîtresse de conférences en Anthropologie :