Mise à jour le 12 oct. 2026
Publié le 12 octobre 2026 – Mis à jour le 12 octobre 2026
Programme de recherche co-porté et co-financé par le Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (CRCAO)
► Période : 2027-2029.
► Responsables
♦ Salomé Deboos (PU, Université Lyon 2, directrice du LADEC).
♦ Laurianne Bruneau (CRCAO - pôle TBACT)
► Accès direct : génèse du projet | problématique | en bref | équipe | partenaires
Notre précédent programme de recherche (Archéologie trans-himalayenne : mouvements de populations et interactions matérielles, de la préhistoire à la période bouddhique, 2019-2024) s’est attaché à déconstruire deux poncifs à travers le prisme de l’archéologie.♦ Le premier est que le relief himalayen constitue une barrière à la circulation des hommes, et par conséquence des biens et des idées. Cette idée reçue était héritée de l’époque coloniale : au 19e siècle, les empires britannique et russe étaient engagés dans une confrontation politique et diplomatique connue sous le nom de « Grand Jeu », dans laquelle l’Himalaya jouait le rôle de frontière, témoignant ainsi de son importance hautement stratégique au cœur de l’Asie. En effet, sur le plan géographique, le Trans-Himalaya se trouve au centre de trois des principales sphères culturelles asiatiques et constitue une zone propice à l’étude à long terme des interactions culturelles entre l’Asie du Sud, l’Asie centrale et le Tibet.
♦ Le second est que la montagne agit comme une frontière entre les espaces habités. Jusqu’à ces vingt dernières années, les zones de haute montagne ont été en grande partie ignorée par les archéologues. Cependant, des projets récents menés en Europe, dans les Alpes ou les Pyrénées, ont mis au jour des paysages anciens complexes et façonnés par l’homme. Il en est de même en Himalaya où les recherches archéologiques menées depuis une vingtaine d’années ont démontré que l’Himalaya a de tout temps été une région non seulement traversée mais également habitée, et ce intensément depuis le troisième millénaire avant notre ère au moins.
L’expérience sur le terrain a montré que les vestiges s’inscrivent dans un espace vécu, et que les travaux des missions archéologiques sont indissociables des enjeux contemporains. Ces derniers sont particulièrement sensibles en Hindu Kush Himalaya, de par sa position géographique frontalière (Pakistan, Inde, Chine, Népal), par rapport à d’autres régions du monde où les travaux archéologiques ne rencontrent pas de résistances majeures. Dès 2021 nous avons eu à cœur d’établir un dialogue entre anthropologie et archéologie dans le cadre de la Winter School (Strasbourg) co-organisée par Salomé Deboos, anthropologue spécialiste des enjeux contemporains dans le monde tibétain. Afin d’approfondir notre réflexion, nous proposons un nouveau programme de recherches interdisciplinaire, exploratoire pour la zone concernée, intitulé La montagne traversée, habitée, vécue : regards croisés en archéologie et anthropologie sur l’Hindu Kush Himalaya. Ce programme serait porté par Laurianne Bruneau (équipe TBACT) et Salomé Deboos (LADEC, Lyon) pour la période 2027-2029. Cette collaboration étroite entre les deux disciplines vise à mieux saisir les perceptions des populations sur une matérialité sans cesse reconsidérée. Le programme entend contribuer à l’axe Patrimoines matériels et immatériels, cultures figurant dans le document de travail Prospective de la recherche en sciences humaines et sociales.
L'anthropologie, en documentant l'orature d'une société ainsi que les entendements explicites et implicites des termes vernaculaires, fournit à l'archéologie les éléments nécessaires pour articuler observations matérielles et discours contemporains sur le patrimoine qui sont indissociables d’un construit identitaire en perpétuelle mutation. La formation disciplinaire propre à l'anthropologie impose une observation continûment réactualisée, au fur et à mesure que s'exercent de nouveaux facteurs sociaux, économiques et politiques.
| Ce projet donnera lieu à des enquêtes de terrain conjointes dans la province du Gilgit-Baltistan (Pakistan) et au Ladakh-Zanskar (Inde). Les possibilités de terrain seront dépendantes de la situation politique. Les frontières entre la Chine, l’Inde et le Pakistan demeurent définies par de simples lignes de cessez-le-feu, et en l'absence d'accord de paix chaque nation a entrepris, séparément, une réécriture de son histoire pour laquelle les vestiges du passé se trouvent souvent mobilisés au service de l'étaiement d'une identité nationale propre. En cas d’inaccessibilité du terrain la réflexion sera menée autour de jeux de données déjà collectés, séparément, et qui bénéficieront du regard externe de l’archéologue ou de l’anthropologue. Une journée d’étude sera organisée chaque année (2027, 2028 et 2029) autour de chacune de ces notions : savoir(s), patrimoine(s) et frontière(s). Leur valorisation est envisagée sous forme de publication (numéro thématique d’une revue) au terme du programme. |
► Inscription disciplinaire♦ Archéologie et art des mondes anciens et médiévaux♦ Sociétés et civilisations des mondes tibétains et de l’Hindu Kush Himalaya ♦ Anthropologie sociale et culturelle ♦ Anthropologie des échanges ♦ Cultures matérielles et patrimoines |
► Mots clésArchéologie – Anthropologie sociale et culturelle – Ethnologie – Hindu Kush Himalaya – Inde – Pakistan – Baltistan – Gilgit – Ladakh – Zanskar |
► Responsables♦ Salomé Deboos (PU, Université Lyon 2, directrice du LADEC).♦ Laurianne Bruneau (CRCAO - pôle TBACT) |
► Membre titulaireCharles Ramble, anthropologue, EPHE. |
► Post-doctorantJean-Baptiste George-Picot, historien de l’art, EPHE |
► Participantes et participants hors laboratoire♦ Mark Aldenderfer, Professeur Emérite d’anthropologie et d’archéologie, Université de Californie.♦ Abdul Hameed, archéologue, Université Hazara, Pakistan. ♦ Rukshana Rahim, doctorante en archéologie, Université Hazara, Pakistan. ♦ Raphaëlle Koegel, doctorante en anthropologie, Université Lyon 2/ LADEC. ♦ David Sarmiento-Castillo, archéologue, rattaché au laboratoire PALOC. ♦ Ajmal Shah, archéologue, Université du Cachemire, Inde. |
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Projet porté et financé par le Laboratoire d’Anthropologie des enjeux contemporains (LADEC et le Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (CRCAO)