Publié le 5 mai 2026
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Mis à jour le 5 mai 2026
le 15 mai 2026
de 13h à 15h
Séance du séminaire de recherche "Funambule au Bord du Monde: Mots, Femmes, Terrains", porté par l'axe 1 "Monde Défait – Monde Refait" du Laboratoire d’Anthropologie des enjeux contemporains (LADEC)
Avec Ibtissem BATOUM, doctorante en anthropologie au LADEC - Université Lumière Lyon 2.
Être djiboutienne, avoir grandi à Djibouti jusqu’à l’âge de 18 ans avant de s’installer à Lyon, puis choisir de mener son terrain de recherche dans son pays d’origine, engage une réflexion centrale sur la posture du chercheur lorsqu’il enquête « chez soi ». Mon retour sur le terrain après plusieurs années passées en France m’a placée, aux yeux de certains interlocuteurs, dans une position ambivalente, parfois perçue comme familière, parfois comme étrangère, me situant ainsi à la frontière de l’outsider.
Ma posture d’« insider/outsider » permet d’éclairer la dimension relationnelle et située de l’enquête ethnographique (Merton, 1972 ; Narayan, 1993 ; Abu-Lughod, 1991 ; Augé, 1994 ; Müller, 2015). Être perçue tantôt comme « l’une des nôtres », tantôt comme une étrangère, engage des modalités spécifiques d’accès au terrain, mais aussi des attentes implicites, des formes de contrôle symbolique et des résistances.
Mener une recherche auprès de femmes parfois issues de l’entourage familial ou de réseaux de proximité complexifie les frontières entre enquête scientifique et engagement affectif. Si la familiarité facilite l’accès à l’intime, elle impose surtout un travail constant de réflexivité. L’enjeu n’est pas tant de neutraliser les affects que de les intégrer à l’analyse comme conditions de production des données. La chercheuse, inscrite dans son propre milieu social d’origine, devient ainsi partie prenante du champ d’observation : sa parole, sa mobilité, son apparence et ses pratiques sont continuellement interprétées. Sa posture est dès lors l’objet de négociations permanentes, révélant que la proximité ne supprime pas la distance, mais en reconfigure les modalités.
| “Those who diverge as “native,” “indigenous,” or “insider” anthropologists are believed to write about their own cultures from a position of intimate affinity.” (Narayan, 1993) |
Ma posture d’« insider/outsider » permet d’éclairer la dimension relationnelle et située de l’enquête ethnographique (Merton, 1972 ; Narayan, 1993 ; Abu-Lughod, 1991 ; Augé, 1994 ; Müller, 2015). Être perçue tantôt comme « l’une des nôtres », tantôt comme une étrangère, engage des modalités spécifiques d’accès au terrain, mais aussi des attentes implicites, des formes de contrôle symbolique et des résistances.
Mener une recherche auprès de femmes parfois issues de l’entourage familial ou de réseaux de proximité complexifie les frontières entre enquête scientifique et engagement affectif. Si la familiarité facilite l’accès à l’intime, elle impose surtout un travail constant de réflexivité. L’enjeu n’est pas tant de neutraliser les affects que de les intégrer à l’analyse comme conditions de production des données. La chercheuse, inscrite dans son propre milieu social d’origine, devient ainsi partie prenante du champ d’observation : sa parole, sa mobilité, son apparence et ses pratiques sont continuellement interprétées. Sa posture est dès lors l’objet de négociations permanentes, révélant que la proximité ne supprime pas la distance, mais en reconfigure les modalités.
► Bibliographie♦ Abu-Lughod, Lila. 1991. « Writing Against Culture ». In Recapturing Anthropology: Working in the Present, édité par Richard G. Fox, 137-162. Santa Fe: School of American Research Press.♦ Augé, Marc. 1994. Pour une anthropologie des mondes contemporains. Paris: Aubier. ♦ Merton, Robert K. 1972. « Insiders and Outsiders: A Chapter in the Sociology of Knowledge ». American Journal of Sociology 78 (1): 9-47. ♦ Müller, Alain. 2015. « Altérités et affinités ethnographiques : réflexions autour du proche, du lointain, du dedans et du dehors ». SociologieS, « La recherche en actes ». ♦ Narayan, Kirin. 1993. « How Native Is a “Native” Anthropologist? ». American Anthropologist 95 (3): 671-686 |
Informations pratiques
Lieu(x)
En visio : https://visio.univ-lyon2.fr/sal-yf4-cud-np0
En présentiel : MSH Lyon Saint Etienne, 14 Avenue Berthelot, Salle André Bollier - Lyon 7e
En présentiel : MSH Lyon Saint Etienne, 14 Avenue Berthelot, Salle André Bollier - Lyon 7e
Partenaires
| Le séminaire est labellisé École doctorale, donc proposé comme formation transversale de l’ED Séminaire porté conjointement par : ♦ Salomé Deboos (PU Anthropologie, LADEC, Université Lumière Lyon 2) ♦ Sandra Schaal (PU Etudes japonaises, GEO, Université de Strasbourg) Et avec l’aide de : Ibtissem Batoum (PhD fellow, LADEC) |
Documents à télécharger
Contacts
Salomé Deboos
salome.deboos@univ-lyon2.fr
PU Anthropologie, UFR ASSP, Université Lumière Lyon 2, LADEC
salome.deboos@univ-lyon2.fr
PU Anthropologie, UFR ASSP, Université Lumière Lyon 2, LADEC
Sandra Schaal
schaals@unistra.fr
PU Etudes Japonaises, faculté des Langues, Université de Strasbourg, GEO