Publié le 23 février 2026
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Mis à jour le 23 février 2026
le 26 février 2026
Campus Porte des Alpes
10h à 12h et 14h à 16h
Conférence internationale de Daniel Simião – Professeur d’anthropologie à l’Université de Brasilia (UnB – Brésil), professeur invité au LADEC
► Accès direct : biographie de Daniel Simião | conférence internationale | projection débat
Le laboratoire d’Anthropologie des enjeux contemporains (LADEC) accueille ce jeudi 26 février 2026 Daniel Simião, professeur d'anthropologie à l'Universidade de Brasilia (UnB) dans le cadre d'une conférence internationale et de la projection-débat d'un documentaire ethnographique. Ces deux événements scientifiques nous porteront au Timor oriental où l'auteur mène des recherches depuis 2002, avec un intérêt principal pour les questions de genre, de politique, de conflits et de justice. Vous trouverez en PJ les résumés détaillés de ces événements importants.
Professeur d’anthropologie à l’Université de Brasília et actuellement professeur invité au LADEC de l’Université Lumière Lyon2, Daniel Simião est chercheur à l’Institut national d’études comparées en administration des conflits (INCT/InEAC) et boursier du Conseil national de développement scientifique et technologique (CNPq). Il collabore avec le Laboratoire d’études sur la citoyenneté, la justice et l’administration des conflits ainsi qu’avec le Laboratoire d’études des économies et des globalisations de l’UnB.
| Daniel Simião mène des recherches au Timor-Leste depuis 2002, avec un intérêt principal pour les questions de genre et de justice. Il est l’auteur de l’ouvrage As Donas da Palavra: gênero, justiça e a invenção da violência doméstica em Timor-Leste (2015), coéditeur, avec Kelly Silva, de Timor-Leste por trás do palco: cooperação internacional e a dialética da construção do Estado (2007), et a publié de nombreux articles sur la construction du système de justice dans ce pays. Il a également réalisé deux films ethnographiques sur ce thème, dont l’un a reçu le prix Pierre Verger du film ethnographique décerné par l’Association brésilienne d’anthropologie. |
Fabrication et déconstruction du pouvoir local postcolonial au Timor oriental
► Le jeudi 26 février 2026 de 10h à 12h - salle séminaire du LADEC (H410 - campus Porte des Alpes)Cette présentation est le fruit de vingt années de recherche ethnographique au Timor-Leste (Timor Oriental) menées en partenariat avec Kelly Silva. À partir d’un travail de terrain de
longue durée et d’une analyse suivie des transformations institutionnelles depuis l’indépendance, nous proposons une réflexion sur le statut ambivalent des autorités locales dans le processus de construction de l’État postcolonial au Timor-Leste.
- Présentation détaillée
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Notre analyse s’appuie sur deux ensembles de matériaux empiriques complémentaires : d’une part, l’examen de la législation relative aux autorités communautaires ; d’autre part, des descriptions ethnographiques fines des mécanismes locaux de résolution des conflits.
L’articulation de ces sources permet de mettre en lumière le rôle structurant de l’ambiguïté dans les dynamiques contemporaines du pouvoir.
Nous montrerons que les autorités locales se perçoivent — et sont largement perçues par les habitants — comme des représentants de l’État. Pourtant, le cadre juridique national tend simultanément à les définir comme de simples représentants communautaires. Cette tension n’est pas un effet secondaire du processus institutionnel : elle constitue, selon notre hypothèse, un opérateur central de la gouvernementalité postcoloniale.
Alors que l’État attribue aux autorités locales un nombre croissant de fonctions qui relèveraient ailleurs de compétences strictement étatiques, il maintient une distance formelle qui lui permet de redistribuer les responsabilités politiques et morales. Nous soutenons que cette ambiguïté participe d’une stratégie de légitimation à long terme, par laquelle l’État s’ancre dans des formes locales de culture politique tout en les reconfigurant.
Dans cette perspective, les complexes locaux de gouvernance apparaissent comme des espaces privilégiés de traduction et d’intériorisation de projets modernes d’organisation sociale et de subjectivation. Loin d’être de simples survivances culturelles, ils deviennent des médiateurs actifs dans la fabrication d’un ordre étatique postcolonial.
Pás ho DameDocumentaire ethnographique – 80 min. Couleur – 2015 – BrasíliaDirection et réalisation : Daniel Simião (UnB) À travers deux histoires de séparation entre jeunes dans un village timorais, le film dépeint des processus locaux de résolution des conflits et leurs conséquences sur les relations entre groupes familiaux. Des thèmes tels que l’importance des échanges de biens dans les mécanismes de réparation et de reconnaissance de la valeur des personnes et des groupes sociaux, le lien étroit entre justice et signes de sacralité, le rôle des autorités locales dans la médiation entre ce qui est perçu comme culture et comme État, ainsi que l’émergence d’un sens de l’individu et de l’idée d’amour romantique, entre autres, sont abordés dans une narration visuellement dense et dynamique. |
Informations pratiques
Lieu(x)
Campus Porte des Alpes
Salle H410
Contact
Martin Soares, Maître de conférences en anthropologie (ASSP / LADEC) :
martin.soares@univ-lyon2.fr